Opinions d’une honnêteté brutale sur 97 des “plus grands écrivains” à avoir jamais écrit
1 juillet 2026 à 08:00:00

Opinions d'un mauvais coucheur ?
(traduit par Thierry Gillybœuf )
Auden, W. H. Je connais mal sa poésie, mais ses traductions contiennent des erreurs déplorables.
Austen, Jane. Grand écrivain.
Balzac, Honoré de. Médiocre. Contrefait le réalisme avec des platitudes faciles.
Barbusse, Henri. De second ordre. Un style tendu en apparence, mais en réalité très relâché.
Barth, John. “Perdu dans le labyrinthe” : Une de mes nouvelles préférées. De belles images enlevées et pointillistes.
Beckett, Samuel. Auteur de belles nouvelles et de pièces de théâtre lamentables. Molloy : Mon livre préféré de Beckett. Malone meurt : Un de mes livres préférés de Beckett. L’Innommable : Un de mes livres préférés de Beckett.

Bergson, Henri. Un de mes auteurs de chevet entre 20 et 40 ans, et après.
Biély, Andreï. Pétersbourg : Troisième plus grand chef-d’œuvre en prose du xxe siècle. Une fantaisie magnifique.
Blok, Alexandre. Un de mes auteurs de chevet entre 10 et 15 ans, et après. Je voue une véritable passion pour ses poèmes lyriques, mais ses œuvres plus longues sont assez faibles. Les Douze : Exécrable. Délibérément écrit dans un ton faussement “primitif”, avec un Jésus-Christ en carton rose collé dessus à la fin.
Borges, Jorge Luis. Un de mes auteurs de chevet. On respire si librement dans ses merveilleux labyrinthes ! Lucidité de la pensée, pureté de la poésie. Un homme au talent infini.
Brecht, Bertolt. Nul, ne signifie absolument rien pour moi.

Brioussov, Valéri. Indifférent à ses œuvres.
Brooke, Rupert. Un de mes auteurs de chevet entre 20 et 40 ans, mais plus maintenant.
Browning, Robert. Un de mes auteurs de chevet entre 10 et 15 ans, et après.
Camus, Albert. Je ne l’aime pas. De second ordre, éphémère, prétentieux. Nul, ne signifie absolument rien pour moi. Très mauvais.
Carroll, Lewis. Je l’ai toujours aimé. On aurait aimé filmer ses pique-niques. Le plus grand auteur d’histoires pour enfants de tous les temps.
Céline, Louis-Ferdinand. De second ordre. Un style qui semble tendu mais qui est en réalité très relâché.
Cervantes, Miguel de. Don Quichotte : Un vieux livre cruel et grossier.
Cheever, John. “L’époux rural” : Une de mes nouvelles préférées. Une cohérence satisfaisante.
Chesterton, G. K. Un de mes auteurs de chevet entre 8 et 14 ans. Avant tout un auteur pour très jeunes lecteurs. Romantique au sens large.
Conan Doyle, Arthur. Un de mes auteurs de chevet entre 8 et 14 ans, mais plus maintenant. Avant tout, un auteur pour très jeunes lecteurs. Romantique au sens large.
Conrad, Joseph. Un de mes auteurs de chevet entre 8 et 14 ans. Avant tout un auteur pour très jeunes lecteurs. Indéniablement inférieur à Hemingway et à Wells. Style insupportable, digne d’une boutique de souvenirs, bourré de clichés romantiques. Rien chez lui que j’aurais voulu avoir écrit moi-même. Désespérément juvénile sur le plan mental et émotionnel. Romantique au sens large. Un peu bidon.
Dostoïevski, Fiodor. Je ne l’aime pas. Un auteur à sensations au rabais, maladroit et vulgaire. Un prophète, un journaliste bonimenteur, un comédien à la petite semaine. Certaines de ses scènes sont extrêmement amusantes. Personne ne prend son journalisme réactionnaire au sérieux. Le Double : Son meilleur livre, bien qu’il soit outrancièrement et honteusement imité du Nez de Gogol. Les Frères Karamazov : Je déteste profondément ce livre. Crime et Châtiment : Je déteste profondément ce livre. Un épouvantable verbiage.
Douglas, Norman. Un de mes auteurs de chevet entre 20 et 40 ans, et après.
Dreiser, Theodore. Je ne l’aime pas. Une redoutable médiocrité.
Eliot, T. S. Pas tout à fait de premier ordre.
Emerson, Ralph Waldo. Sa poésie est charmante.
Faulkner, William. Je ne l’aime pas. Auteur de chroniques paysannes à hauteur d’épi de maïs. Tenir ses œuvres pour des chefs-d’œuvre est une absurdité illusoire. Nul, ne signifie absolument rien pour moi.
Flaubert, Gustave. Un de mes auteurs de chevet entre 10 et 15 ans, et après. J’ai lu ses œuvres complètes entre 14 et 15 ans.
Forster, E. M. Je n’ai lu qu’un seul de ses romans (peut-être Route des Indes ?) et je n’ai pas aimé.
Freud, Sigmund. Un personnage comique. Je l’exècre. Une ignoble supercherie. L’interprétation freudienne des rêves est charlatanesque, satanique, absurde.
Galsworthy, John. Une redoutable médiocrité.
García Lorca, Federico. De second ordre, éphémère, prétentieux.
Gogol, Nikolaï. Personne ne prend son didactisme mystique au sérieux. Dans ce qu’il a fait de pire, comme dans ses textes ukrainiens, c’est un écrivain insignifiant ; dans ce qu’il a fait de meilleur, il est incomparable et inimitable. J’abhorre son point de vue moralisateur, son incapacité à décrire les jeunes femmes me déprime et me laisse perplexe, et je déplore son obsession de la religion.
Gold, Herbert. “Mort à Miami Beach” : Une de mes nouvelles préférées.
Gorki, Maxime. Une redoutable médiocrité.
Hawthorne, Nathaniel. Un magnifique écrivain.
Hellens, Franz. Très important. La femme partagée : Un livre que j’aime tout particulièrement.
Hemingway, Ernest. Un auteur de livres pour les garçons. Sans aucun conteste, meilleur que Conrad Au moins possède-t-il une voix qui lui est propre. Rien chez lui que j’aurais voulu avoir écrit moi-même. Désespérément juvénile sur le plan mental et émotionnel. Je déteste ses œuvres sur les cloches, les bals et les taureaux. Les Tueurs : charmant, très artistique. Admirable. Le vieil homme et la mer : merveilleux. La description des poissons irisés et de la miction rythmée est superbe.
Housman, A. E. Un de mes auteurs de chevet entre 20 et 40 ans, et après.
Ilf et Pétrov. Deux écrivains merveilleusement doués. Une œuvre fictionnelle absolument de premier ordre.
Ivanov, Gueorgui. Un bon poète mais un critique injurieux.
James, Henry. Je ne l’apprécie guère, mais de temps à autre, sa façon de s’exprimer provoque une sorte de picotement électrique. Loin d’être un génie.
Joyce, James. Grand écrivain. Un de mes auteurs de chevet entre 20 et 40 ans, et après. Que les gens me comparent à Joyce, pourquoi pas, mais mon anglais est un jeu d’amateur à côté du jeu de Joyce digne d’un champion. Un génie. Ulysse : Une œuvre d’art divine. Le plus grand chef-d’œuvre en prose du xxe siècle. Domine toute l’œuvre de Joyce. Originalité pleine de noblesse, lucidité de pensée et de style unique en son genre. Le monologue de Molly est le chapitre le plus faible du livre. Que j’adore pour sa lucidité et sa précision. Portrait de l’artiste en jeune homme : Je ne l’ai jamais aimé. Un livre faible et bavard. Finnegans Wake : Un amas informe et ennuyeux de faux folklore, un livre qui ressemble à du pudding froid. Conventionnel et terne, que seules de rares intonations célestes sauvent d’une insipidité totale. Je le déteste. Une croissance métastatique de tissu verbal fantaisiste peine à racheter l’effroyable jovialité du folklore et l’allégorie facile, trop facile. Suis indifférent à ce livre, comme à toute littérature régionaliste écrite en dialecte. Un échec tragique, terriblement ennuyeux.

Kafka, Franz. La Métamorphose : Le deuxième plus grand chef-d’œuvre en prose du xxe siècle.
Kazantzákis, Níkos. De second ordre, éphémère, prétentieux.
Keats, John. Un de mes auteurs de chevet entre 10 et 15 ans, et après.
Khodassevitch, Vladislav. Le plus grand poète russe de son temps.
Kipling, Rudyard. Un de mes auteurs de chevet entre 8 et 14 ans. Avant tout un auteur pour très jeunes lecteurs. Romantique au sens large.
Lawrence, D. H. De second ordre, éphémère, prétentieux. Médiocre. Contrefait le réalisme avec des platitudes faciles. Exécrable.
Lowell, Robert. Tout sauf un bon traducteur. Encore pire qu’Auden.
Mandelstam, Ossip. Un merveilleux poète, le plus grand de la Russie soviétique. Ses poèmes offrent de magnifiques témoignages de l’esprit humain dans ce qu’il a de plus profond et de plus élevé. Pas aussi bon que Blok. Son destin tragique fait paraître sa poésie plus grande qu’elle ne l’est réellement.
Mann, Thomas. Je ne l’aime pas. De second ordre, éphémère, prétentieux. Mort à Venise : Absurde. Le tenir pour un chef-d’œuvre est une absurdité illusoire. Poshlost’ (vulgarité, prétention). Médiocre, mais plausible malgré tout.

Maupassant, Guy de. Tout sauf un génie.
Maugham, W. Somerset. Médiocre. Contrefait le réalisme avec des platitudes faciles. Tout sauf un génie.
Melville, Herman. Je l’aime beaucoup. On aurait aimé le filmer au petit-déjeuner, en train de donner une sardine à son chat.

Marx, Karl. Je l’exècre.
Milton, John. Un génie.
Odoïevski, Vladimir. Indifférent à ses œuvres.
Olesha, Iouri. Une œuvre fictionnelle absolument de premier ordre.
Orczy, baronne Emmuska. Le Mouron rouge : Un de mes livres de chevet entre 10 et 26 ans, mais plus maintenant.
Pasternak, Boris. Un excellent poète, mais un piètre romancier. Le Docteur Jivago : Je déteste ce livre. Mélodramatique et très mal écrit. Le tenir pour un chef-d’œuvre est une absurdité illusoire. Pro-bolchévique, historiquement faux. Une chose pathétique, maladroite, insignifiante, mélodramatique, avec des situations stéréotypées et des coïncidences éculées.
Pirandello, Luigi. Je ne l’ai jamais apprécié.
Platon. Je ne raffole pas particulièrement de lui.
Poe, Edgar Allan. Un de mes auteurs de chevet entre 10 et 15 ans, mais plus maintenant. On aurait aimé filmer son mariage.
Pound, Ezra. Catégoriquement de second ordre. Une imposture totale. Une vénérable supercherie.

Proust, Marcel. Un de mes auteurs de chevet entre 20 et 40 ans, et après. À la recherche du temps perdu : La première moitié est le quatrième plus grand chef-d’œuvre en prose du xxe siècle.
Pouchkine, Alexandre. Un de mes auteurs de chevet entre 20 et 40 ans, et après. Un génie. Eugène Onéguine : Un grand poème. La traduction de Walter Arndt est abominable.
Queneau, Raymond. Exercices de style : Un chef-d’œuvre captivant, l’une des plus grandes histoires de la littérature française. Zazie : J’aime énormément.
Ransom, John Crowe. Capitaine Carpenter : J’admire ce poème.
Rimbaud, Arthur. Un de mes auteurs de chevet entre 10 et 15 ans, et après.
Robbe-Grillet, Alain. Grand écrivain. Un de mes auteurs de chevet. On respire si librement dans ses merveilleux labyrinthes ! Lucidité de la pensée, pureté de la poésie. Merveilleusement poétique et original.
Rolland, Romain. Une redoutable médiocrité.
Salinger, J. D. De loin, l’un des plus grands artistes de ces dernières années. “Un jour rêvé pour le poisson-banane” : Une grande nouvelle. Un des auteurs de chevet que j’apprécie le plus.

Sartre, Jean-Paul. Encore plus mauvais que Camus. La Nausée : De second ordre. Un style tendu en apparence, mais en réalité très relâché.

Schwarz, Delmore. “Dans les rêves” : Une de mes nouvelles préférées.
Schweitzer, Albert. Je le déteste.
Shakespeare, William. J’ai lu ses œuvres complètes entre 14 et 15 ans. On aurait aimé le filmer dans le rôle du fantôme du roi. La texture verbale et poétique de son œuvre est la plus grande que le monde ait jamais connue, et largement supérieure à la structure de ses pièces en tant que telles. C’est la métaphore qui importe, et non la pièce elle-même. Un génie.

Sterne, Laurence. Je l’aime énormément.
Sue, Eugène. Mélodramatique, de second ordre.
Tagore, Rabindranath. Une redoutable médiocrité.
Tchernychevski, Nikolaï. Son destin est émouvant, mais ses œuvres sont risibles.
Tolstoï, Alexei. Auteur qui n’est pas dépourvu d’un certain talent, avec deux ou trois récits ou romans de science-fiction mémorables.
Tchekhov, Anton. Un de mes auteurs de chevet entre 10 et 15 ans, et après. Du talent, mais pas de génie. Je l’aime énormément, mais je suis incapable de rationnaliser ce sentiment.
Tolstoï, Léon. Un de mes autres de chevet entre 10 et 15 ans, et après. J’ai lu ses œuvres complètes entre 14 et 15 ans. Personne ne prend son moralisme utilitariste au sérieux. Un génie. Anna Karénine : Une maîtrise incomparable de la prose. Le chef-d’œuvre suprême de la littérature du xixe siècle. La Mort d’Ivan Ilitch : Une œuvre qui vient tout juste après Anna Karénine. Guerre et Paix : Un peu trop long. Un roman historique entraînant, écrit pour le grand public, en particulier pour les jeunes. Artistiquement décevant. Messages lourds, digressions didactiques, coïncidences artificielles. Absence totale de regard critique sur ses sources historiques.
Tourgueniev, Ivan. Du talent, mais pas de génie.
Tsvetaïeva, Marina. Un génie.
Tiouttchev, Fiodor. Un grand poète lyrique.
Updike, John. De loin, l’un des plus grands artistes de ces dernières années. J’aime tellement ses histoires qu’il est difficile d’en choisir une. “Heureux comme jamais” : Une de mes nouvelles préférées.
Verlaine, Paul. Un de mes auteurs de chevet entre 10 et 15 ans, et après.
Verne, Jules. Le Tour du monde en quatre-vingts jours : Un de mes livres de chevet entre 10 et 15 ans, mais plus maintenant.
Wells, H. G. Un de mes auteurs de chevet entre 10 et 15 ans, et après. Un grand artiste, mon écrivain préféré quand j’étais enfant. On peut, sans risque, ignorer ses réflexions sociologiques, mais ses romans et fantaisies sont formidables. Un artiste bien supérieur à Conrad. Un écrivain pour lequel je nourris la plus profonde admiration. The Amants passionnés : Meilleur que tout ce qu’ont pu produire ses contemporains. Anne Véronique : Meilleur que tout ce qu’ont pu produire ses contemporains. La Machine à explorer le temps : Meilleur que tout ce qu’ont pu produire ses contemporains. Particulièrement bon. Le Pays des aveugles : Meilleur que tout ce qu’ont pu produire ses contemporains. Particulièrement bon. L’Homme invisible : Particulièrement bon. La Guerre des mondes : Particulièrement bon. Les Premiers Hommes dans la Lune : Particulièrement bon.
Wilbur, Richard. “Complainte” : Un poème magnifique.
Wilde, Oscar. Moralisateur de bas étage qui verse dans le didactique. Un de mes auteurs de chevet entre 8 et 14 ans. Avant tout un auteur pour très jeunes lecteurs. Romantique au sens large.
Wolfe, Thomas. De second ordre, éphémère, prétentieux.
Zabolotsky, Nikolaï. Extrêmement doué.
Zamiatine, Evgueni. Indifférent à ses œuvres.
Zochtchenko, Mikhaïl. Une œuvre fictionnelle absolument de premier ordre.
